Samedi 31 octobre 2009

 

Cet atelier d'écriture m'a beaucoup apporté, j'ai vécu des moments extraordinaires... De plus chaque personne avait sa place, nous avons écris ensemble et créé une oeuvre collective.

Chaque mot était important et validé par tout le groupe, une ambiance saine, belle et constructive...

 

  Hafida

 

 

Au début, dans cet atelier d'écriture, il y eut un verbe, le verbe "partager". Une amie m'avait invitée à découvrir ce groupe, qui venait
de se former  dans le quartier de Montanou.  Il n'était question que de cela, de partage: Zabo partageait avec nous sa science musicale, Sylvie sa chaleur et son goût pour les mots, et tous les participants leur culture, leur histoire, et surtout leur grande ignorance de la "chose"  artistique.
Quel était le but de cet atelier ? Simplement offrir à chacun l'idée que la création était de l'ordre du possible, de son possible,à portée. Faire tomber nos défenses, nos résistances, nos a priori, pour s'autoriser à oser penser que nous étions nous aussi capables d'écrire des mots, de la musique, des chansons, des histoires, d'inventer .

Au fil de nos rencontres du jeudi soir, nous avons apprivoisé les notes, le chant, les rythmes, les rimes, et même des instruments apportés par certains du groupe. Et surtout nous nous sommes apprivoisés, donc fait confiance, ce qui a permis de libérer une parole authentique. Et ce qui est parfois difficile d'accepter ailleurs :  supporter les critiques, les doutes, les ratures,  revenir cent fois sur un texte, une phrase musicale, une idée, bref écouter l'autre dans sa différence a été très rapidement un fonctionnement d'évidence, fluide et sans heurts. Tous les éléments d'une belle aventure étaient là : le partage, la confiance, la liberté, la tolérance, le respect et bientôt l'amitié.  Qu'allait-on en faire ?

Un soir, Henri nous parla d'un vieux manège qu'il avait dans son garage et l'idée d'écrire autour d'un manège, du monde des forains prit vite forme . Les premiers personnages  surgirent, nous les nommèrent : d'abord Nicolo , l'ancien , le patron du manège, puis vinrent Irma, Gloria, Titan, José, Jacquot et d'autres encore... Comme nous, ils prirentprogressivement leur place et s'organisèrent autour d'une grande interrogation, fil rouge du récit : qui allait reprendre le manège de Nicolo à son départ ? Puis le groupe des "jeunes" (l' autre atelier d'écriture  réservé à de jeunes plumes) nous apporta d'autres personnages, d'autres univers...
A chacun des personnages nous avons inventé un passé, un langage, une âme, et une chanson... Ceci nous a amenés à explorer des parcours différents, des documents d'époque, à appréhender des styles musicaux variés, de la ballade à la "chanson réaliste", avec des mélodies évoquant l'Algérie, l'Espagne, les tziganes, aboutissant à un puzzle multicolore et joyeux.
Nous y avons mis  beaucoup de nous, de  nos rêves, de nos émotions, de nos souvenirs, qu'il nous a été agréable de partager là encore. N ous y avons mis beaucoup, nous avons beaucoup reçu. Le groupe a évolué, se composant et se recomposant sans cesse au gré des trajectoires personnelles, déménagements, maternités,  maladies, retours, mais a gardé intacts sa cohésion , son exigence de qualité et son désir de progresser. Chaque jeudi soir amenait des retrouvailles et un grand plaisir de se réchauffer ensemble au feu de l'enthousiasme toujours vivace de Zabo et Sylvie.

Et puis il y eut un dernier jeudi, "Le Petit Manège de Nicolo ", spectacle musical, était né. Nous en sommes les heureux parents. A sa
première présentation  publique (une lecture généreuse du Théâtre du Jour ), il a su séduire.Il nous reste à le faire grandir, à le faire
connaître, et pour cela il nous faudra les professionnels du spectacle,  et beaucoup de parrains et de marraines...

                                                                                                   


Noëlle

 




Le manège de Nicolo tournait depuis longtemps sans moi lorsque Sylvie m’a parlé de cet atelier d’écriture. Même si la manière dont elle l’a présenté annonçait déjà tout ce qui m’y séduirait, j’y suis allée sans conviction, plus par désoeuvrement que par curiosité. Je ne voyais pas comment je m’intègrerais à un groupe solidement constitué, pour écrire une histoire de forains bien éloignée de mes préoccupations.

Je ne connaissais pas Zabo. Dire que son rayonnement a largement contribué à mon adhésion, c’est une évidence, mais ne suffit pas.

 Il se passait là, autour de la table de la bibliothèque du quartier, quelque chose d’étonnant, d’aussi magique que le monde évoqué par le manège.

 Il y avait là, entre des moments de concentration intense et des fous rires mémorables, une légèreté profonde, une qualité d’écoute inhabituelle, une ouverture intense.

Il s’écrivait là, un jeudi après l’autre, un rendez-vous incontournable avec des personnages qui s’étoffaient, dont l’histoire me raccompagnait chez moi longtemps après le trop court moment de travail partagé.

D’autres que moi venaient et repartaient, et l’atelier les attendait toujours, et leur place était toujours importante, après les vacances de l’un ou les béquilles de l’autre .Les textes soigneusement mis à jour par Sylvie, la relecture commune permettaient de ne jamais se sentir décalé.

J’ai vécu l’écriture de la fin à la fois avec le plaisir du pari gagné et le sentiment d’un vide qu’il serait difficile de combler. Mais notre aventure n’est pas terminée, puisque nous sommes encore là, et que notre rêve va peut-être donner vie à ce que nous avons créé.


                                                                                                

    
Laure





 

Par Les mots en l'air
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Commentaires

SALUT a toutes ,est oui juste un petit bonjour sourire vue du net .biyouna.
Commentaire n°1 posté par baya le 28/05/2008 à 21h52
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